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Pour ceux qui
souhaitent en savoir plus :
MOLIÈRE, sa vie (résumé) :
Nous connaissons Molière. Le monde entier le connaît.
Nous connaissons l’auteur.
Molière (nommé à l’état civil : Jean Baptiste Poquelin)
est né en 1622. Il était l’aîné de la famille ; de Mairie Cressé (sa
mère) et de Jean Poquelin (son père) marchand tapissier. Très tôt, et
étant aîné, il est tout désigné pour reprendre les affaires de son père
et, devenir comme lui : marchand tapissier, « tâche noble » réservée aux
êtres humains de sexe masculin.
Jean Baptiste n’a aucune attirance pour ce genre de
service. Il obtient de son père la permission de faire des études. Il
part pour Orléans. Il étudie le droit pour devenir avocat : métier
fructueux et plein d’avenir en ce XVIIè siècle (voir la pièce
de Jean Racine : Les plaideurs).
Mais, les chemins de la Providence en décideront tout
autrement et, le 30 juin 1643 (à 21 ans), il signe l’acte d’association
avec les Béjart et créé la troupe de l’Illustre théâtre. Ils louent la
salle du jeu de paume des métayers, à la porte de Nesle, à Paris.
C’est un échec, la troupe s’endette. Molière est jeté en
prison. Il est libéré grâce à la caution de l’un de ses amis.
Molière doit quitter Paris.
Il part donc avec sa compagnie sur les routes du royaume
de France. Il y rencontrera son public. Et, pendant 13 années, la
vie de saltimbanque n’aura plus de secrets pour lui. Il parvient à
obtenir la protection du prince de Conti. Mais celui-ci, devenu dévot,
le chasse dans des conditions plutôt brutales. Molière retourne à Paris.
Sa troupe trouve la protection de Monsieur : Frère du Roi. Et, le 24
octobre 1658, Molière joue pour la première fois devant sa majesté le
roi Louis XIV.
Il obtient, en partage avec des comédiens italiens de
Scaramouche, la salle du petit bourbon.

Très vite, ses talents d’auteur dramatique, de comédien,
vont faire de lui l’artiste le plus aimé mais aussi le plus détesté du
royaume. Il sera responsable de tous les divertissements royaux. Il
écrira 33 pièces, sera le précurseur de la comédie ballet, du théâtre
chanté, dansé, de l’opéra. Nous retiendrons sa collaboration avec le
compositeur Lully. Collaboration qui n’aura pas une fin heureuse. En
tant qu’écrivain, sa plume le conduira à mener bien des luttes
intestines n’ayant, souvent, aucun rapport avec la comédie (voir
l’affaire Tartuffe). Il épouse Armande Béjart en 1662.
Molière meurt le 17 février 1673 après la quatrième
représentation du malade imaginaire. Il est mort chez lui et, non
pas sur scène.
De la troupe, il ne restera plus grand-chose, mais
l’année 1680 verra la naissance de la Comédie Française.
MOLIÈRE L’ARTISTE :
Jean-Baptiste Poquelin
dit « Molière » était un homme, Il était Artiste. Nous le connaissons.
Le monde entier le connaît. Nous savons l’auteur de toutes ces pièces
magnifiques, de ces comédies qui n’en finissent pas de dire ce qu’elles
ont à dire, de siècle en siècle, sur le théâtre de l’homme et du monde,
sur la vision comique de l’homme, sur la condition humaine, et sur
Molière lui-même.
« … C’est une étrange entreprise que celle de faire rire
les honnêtes gens ! »
Mais, avant l’auteur, mondialement connu, il y avait le
comédien, le saltimbanque, le comique. Et sans cet amour qu’il avait
pour la scène, pour le jeu, pour l’Art, il n’y aurait jamais eu de
Scapin, de Dom Juan, de Tartuffe, de Monsieur Jourdain, d’Alceste, de
Célimène, de Psyché, de Toinette et de Dorine, d’Agnès et bien d’autres
encore… Il allait plus loin. Il voulait corriger tous les défauts des
hommes et principalement des hommes de son siècle. Il était utopiste, il
était Artiste Dramatique, comédien, homme de scène avant tout : un
piètre tragédien mais un comédien exceptionnel. Et c’est cet amour de la
scène, du jeu, de cet échange irremplaçable entre lui et son public qui
a fait l’œuvre et la vie de Molière.
Sans cet amour pas de médecin malgré lui, pas de
Misanthrope, pas de fourberies de Scapin de bourgeois gentilhomme de
femmes savantes, de fâcheux…
Et il excelle, et il observe, devient Le témoin de son
siècle et de ses contemporains. Il est las des abus des uns et des
autres. Il dénonce la perversion du goût, l’affadissement de la
littérature, la banalisation du savoir par la culture salonnarde qui
n’est pas sans rapport avec notre culture médiatique. D’authentiques
écrivains, de véritables savants, de vrais professionnels sont
contraints de travestir leur art, de parodier leur savoir, pour
subsister et obtenir les subsides indispensables à la poursuite de leurs
travaux. Molière n’a jamais mangé de ce pain là. Et on le voit
triompher, après cinq années de procédure, avec ce qui a été :
« l’affaire Tartuffe »
Alors ? Bien sûr ! Il y a les légendes… Quoi ? Il aurait
épousé sa fille ?

Molière n’aurait pas écrit ses pièces. Elles seraient
l’oeuvre de Corneille et ; un ordinateur en aurait vérifié le style en
comptant les appositions et les tournures grammaticales… Bien … Que
nenni !
L’on a dit la même chose de Shakespeare !
Et combien d’écrivains de génies et d’hommes de théâtre
ont été bafoués au XXème siècle.
Laissons la part à la romance, aux rêves. Tout est
peut-être vrai et rien n’est peut être faux. Alors…
Nous, aujourd’hui, sommes rêveurs saltimbanques qui
voulons y croire encore et qui pensons que le meilleur défenseur de la
langue Française a le droit d’être sous la lumière du jour…
C’est ainsi qu’est né notre spectacle : Molière l’Artiste !!!
LE SPECTACLE :
Le choix était immense. L’œuvre de Molière si dense. Tout
le monde connaît Molière, une pièce, une scène, une réplique. Son œuvre
est universelle. Nous l’avons abordée à l’école primaire, secondaire,
supérieure. Nous, (comédiens) parfois, au conservatoire. Tout le monde,
tout le monde. Qui n’a jamais entendu ou dit : « il faut manger pour
vivre et non pas vivre pour manger » ? Ou encore, « qui veut noyer son
chien, l’accuse de la rage ». Molière est entré dans tous les foyers,
dans toutes les têtes. C’est un auteur populaire mondialement connu.
Alors que faire et comment ? Que dire ?
Molière est si connu que, souvent, ses textes peuvent
devenir rébarbatifs : déjà vus, entendus, lus, et pas toujours dans des
conditions idéales pour les apprécier. L’œuvre de Molière est devenue un
monument incontournable. Un monument poussiéreux, souvent décoré de
quelques toiles d’araignées. Trois siècles et demi ! Pensez ! Alors,
j’ai tout relu Molière, et puis j’ai aussi relu sa biographie. Et ses
préoccupations m’ont semblé proches des miennes. Est-ce si étonnant ?
J’ai eu envie d’enlever quelques toiles d’araignées, de
souffler un peu la poussière, de ramener les personnages de Molière à
leur vraie place, parmi nous, parmi vous.
J’avais envie de parler de ses personnages. Que devient
un personnage lorsque la pièce n’est plus jouée ? Quelle différence le
public fait-il entre personnage et comédien ? A quoi sert un metteur en
scène ? Qu’est-ce que l’interprétation ?
Pour toutes ces raisons, je me suis senti libre. Libre de
dépouiller l’espace scénique (Molière et sa troupe jouait souvent dans
les salons avec le mobilier du propriétaire), d’éclater la mise en jeu,
de briser le quatrième mur et de jouer au milieu du public… Souvent.
Un comédien, une comédienne et le voyage peut commencer !
Elle veut parler d’amour et lui de la condition de l’artiste. Leur
querelle sera le prétexte à la redécouverte de textes connus et
d’autres, beaucoup moins ; à la rencontre des différentes langues de
l’œuvre de Molière, prose, alexandrins ou langage populaire.
La poésie est au rendez-vous et vous êtes présents,
merci !
Conclusion :
Molière appartient au passé.
Le passé a construit notre présent.
Les hommes, aujourd’hui, sont tournés vers le futur et
tout avance de plus en plus vite et plus rien n’a ancrage. Tout change
parce que rien ne change.
Redécouvrir Molière de nos jours, c’est se donner la
possibilité de regarder nos vies présentes à la lueur de nos vies
passées.
Concept bien difficile à expliquer. Peu importe ! Pendant
un peu plus d'une heure, nous aborderons le divertissement qui n’aura
rien à envier au « PAF »…
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